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à la Gerbetière - Couëron

Les Toucans à la maison Jean-Jacques Audubon
À la Gerbetière - Coüeron

Issus du croisement d'une démarche artistique et d'une recherche scientifique, 18 toucans peints par Alain Thomas s'exposent à la Gerbetière, maison du peintre naturaliste Jean-Jacques Audubon, située à Couëron.

Rares sont les peintres naturalistes en France, de surcroît ayant vécu dans la même région et jouissant d'une notoriété au-delà de l'hexagone. Bien que Jean-Jacques Audubon et Alain Thomas témoignent d'une approche artistique différente ne permettant pas de confondre leurs travaux sur les oiseaux et autres animaux, il n'en demeure pas moins qu'un point commun les rapproche : la proximité avec la nature et ses composantes constituent pour ces deux artistes un vecteur d'inspiration essentiel pour leur acte de création.

Toucan à bec d’ivoire 1997

 

Le parc animalier d’Alain Thomas

La maison de la Gerbetière où Jean-Jacques Audubon a vécu une partie de sa jeunesse est située dans un écrin de verdure non loin des marais sauvages de Couëron tandis qu'Alain Thomas s'est constitué son propre parc animalier près de sa maison en plein cœur du vignoble nantais à Vertou.
En 1987, Alain Thomas crée en effet près de son atelier un parc animalier aux allures d'arche de Noé où cohabitent en liberté des espèces du monde entier : lièvres de Patagonie, cochons du Vietnam, émeus, daims, kangourous, ibis royaux du Nil, grues couronnées, paons… A partir de cette date Alain Thomas décide de rendre hommage aux animaux en les représentant dans ses peintures sous la forme de portraits.

La passion des toucans

En préparant l'illustration des deux Bestiaires parus en 1992 et 1997, Alain Thomas se passionne pour le toucan. "Le toucan est pour moi un merveilleux modèle. Son plumage vif et contrasté me fascine. Prenons par exemple le toucan à ventre rouge : avec son bec vert, sa gorge jaune, noire et rouge, seule la nature pouvait le parer d'aussi belles couleurs !" explique l'artiste.
Sensible à la préservation du milieu naturel et à la protection des espèces en danger, Alain Thomas apprend également que le toucan est menacé de disparition si rien n'est fait pour défendre sa cause. "J'ai découvert que certains braconniers se vantent d'abattre 200 toucans en 18 heures : cela m'a donné le désir de fixer sous mes pinceaux ces somptueux oiseaux."
En se documentant sur cet oiseau d'Amérique du Sud, Alain Thomas découvre qu'il en existe une multitude et s'aperçoit qu'il n'y a pas le moindre livre décrivant les 113 sortes de toucans. A partir de 1995, il décide alors de peindre toutes les espèces une à une sur panneau de bois. La L.P.O. (Ligue de Protection des Oiseaux) et le W.W.F. (Fonds Mondial pour la Nature) apportent leur soutien à la démarche d'Alain Thomas. N'éprouvant pas le besoin de voyager dans des contrées lointaines, Alain Thomas restitue avec la plus grande rigueur les toucans qu'il peint d'après des documents anciens, des photographies ou des vidéos. Seule fantaisie de l'artiste : le paysage. Mais là aussi, il n'y met que des éléments réels. "Ma seule fantaisie est de les disposer selon mon imagination. Une petite cabane, une fleur, des cascades, un ciel orangé… Autant d'éléments que l'on peut retrouver, séparément, dans les forêts sud-américaines. Assemblés autour de l'oiseau, ils forment des paysages paradisiaques. Chaque toucan est accompagné d'une grenouille ou d'un papillon propre à son environnement. Et puis comme toujours, il y a des petits animaux à découvrir : un insecte, un petit lézard vert, un ibis rouge…"

La caution scientifique

Le sérieux de son travail lui vaut d'être cautionné, en l'an 2000, par l'ornithologue Jacques Cuisin et le Professeur Blandin du Muséum National d'Histoire Naturelle qui acceptent de rédiger les textes d'un livre consacré au toucan entièrement illustré par Alain Thomas.
Patrick Blandin, directeur de la Grande Galerie de l'Evolution au Muséum, évoque l'approche naturaliste d'Alain Thomas en affirmant "qu'il n'y a point de fantaisie dans ses portraits fidèles si ce n'est celle de la nature. Encore que… Là aussi, Alain Thomas se documente avec minutie, et restitue, avec son style si personnel, cette ambiance d'entrelacs, de profondeurs d'ombres, d'éclats de lumières, de surprises de couleurs, que connaissent ceux qui pénètrent dans les forêts amazoniennes." Pour résumer cette approche naturaliste inédite, Béatrice Comte, critique d'art, explique "qu'en conjuguant le rêve et la rigueur scientifique, le miniaturiste Alain Thomas réinvente la planche naturaliste".