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à l'Hôtel du Département

1968 - 1979

En 1968, Alain Thomas connaît dans sa vie deux événements qui vont avoir d'importantes répercussions sur son œuvre. Tout d'abord, il concrétise son rêve en abandonnant son travail pour se consacrer pleinement à la peinture. Amoureux, il connaît par ailleurs le bonheur du mariage qui l'unit à la femme de sa vie. Ces deux changements permettent à l'artiste de lever un grand nombre d'incertitudes et contribuent par la même occasion à l'épanouissement de son art qui, en net progrès, sera à partir de 1970 accueilli avec succès au Brésil, en Angleterre, au Canada, au Japon, aux U.S.A., en Côte d'Ivoire et en Suède.

Graziella, princesse des lutins 1972

C'est à partir de 1968 qu'Alain Thomas abandonne ses constructions-portraits strictement centrés sur un ou deux personnages. Il imagine autour de ses modèles une composition onirique dont les modulations nouvelles sont plus abouties, les accords plus savants et plus audacieux, les fonds plus préparés et les ciels plus travaillés. Le fond du tableau, la perspective, la profondeur de champ s'ouvrent désormais sur des paysages verdoyants peuplés d'animaux fantastiques comme la licorne située aux côtés d'"Irun" (1968). De 1968 à 1979, la poésie d'Alain Thomas se fait plus profonde et son goût du merveilleux devient plus exigeant comme en témoignent les coquillages qui décorent les têtes des deux jeunes femmes "sur l'embarcadère du rêve" (1969) ainsi que les compositions des œuvres intitulées "le temps des métamorphoses" (1970) et "l'arbre-fleurs" (1979). Recréant un univers en marge du réel autour de ses personnages, Alain Thomas n'hésite pas à nous faire voyager dans un monde fantastique voire surréaliste lorsqu'il met en scène de curieux gnomes autour de "Graziella, princesse des lutins" (1972).

L'élaboration de ces nouveaux arrière-plans composés d'oiseaux de rêves, de fleurs féeriques, de paysages enchanteurs a pour effet immédiat d'adoucir l'impassibilité des personnages qui continuent cependant d'offrir le même visage mélancolique, les mêmes yeux noirs candides. Grâce à la palette de couleurs qui s'éclaircit les œuvres d'Alain Thomas se retrouvent soudainement allégées et font oublier les premières peintures traduites dans un chromatisme plus sombre et froid.